Faux départ... encore

Publié le par Tout le monde au soleil

Habitués des faux départs, il faut forcément que l'on vous raconte notre départ pour le tour de l'île avec Alex. Tout avait bien (enfin, moyennement) commencé mardi après-midi (Alex était allé au Centre Tjibaou le matin). Début d'après-midi, nous prenons la route en direction de Thio (à l'Est de l'île). Comme d'habitude, nous nous arrêtons aux « sightseeings » (points de vue pour les non initiés). Il mouillasse un peu mais il nous en faut plus pour stopper notre périple. En soirée, petit stop chez le médecin. Normal, à chaque fois qu'il y a un Monnier dans le coin, il faut visiter un docteur (ou un hôpital, enfin on s'comprend). Pour vous expliquer le pourquoi du comment, Alex a fait de la plongée et, lors de sa 2ème remontée, il a eu quelques soucis avec son nez et ses oreilles. Depuis, les oreilles se bouchaient très régulièrement. Mieux valait consulter. Et on a bien fait : otite et début d'angine blanche. Rien que ça. Oui, one fait pas dans la demi-mesure chez les Momoz.
Nous continuons ensuite notre voyage et arrivons à Thio, sous la pluie. Il est 19h, il fait nuit noire et la dame est surprise de nous voir. Elle ne nous attendait plus car certains voyageurs avaient annulé leur hébergement à cause des trombes d'eau. Mais nous, warriors, ça ne nous fait pas peur ! On prend donc nos quartiers dans le bungalow. Maintenant, il faut trouver où dîner. Peut-être sur Thio, LA grande ville du coin. Nous voilà repartis vers Thio. Il pleut toujours, pas de restaurant, reste une épicerie. Bon, d'accord, on ne dînera pas dans un 4 étoiles ce soir avec du foie gras et du caviar. Nous achetons de quoi faire tout de même un festin : baguette, pâté, compte (c'est-y pas beau ça !). De retour à notre bungalow, nous nous restaurons. Les moustiques arrivant à grands pas, nous décidons de nous rentrer dans le bungalow pour nous abriter. Peine perdue : le bungalow n'est pas « hermétique » et les moustiques passent par dessus la porte d'entrée pour nous rendre visite. Ce n'est pas grave nous direz-vous, on a qu'à s'installer dans le lit, sous la moustiquaire et on en parle plus. Nous, on veut bien, mais il n'y a pas de moustiquaire ! Bon, OK. Plan B : les sprays anti-moustiques. Parce qu'on est partis équipés, forcément (vous nous connaissez). On va pas se laisser bouffer comme ça, sans combattre.
Donc on s'asperge de lotion, on manque de s'asphyxier tellement on en met, mais on résiste. Chacun s'installe ensuite dans le lit avec son livre (il n'est que 20h, on a le temps de lire quelques chapitres). Mais bientôt, la lumière attire trop de moustiques et nous éteignons. Et là, le cauchemar commence. Nous essayons de dormir mais le ballet incessant des moustiques version gros porteur nous en empêche. Nous sommes pourtant camouflés des pieds à la tête : t-shirt manches longues, pantalon, chaussettes et drap. Mais ce n'est même pas suffisant pour se protéger des moustiques qui arrivent à nous piquer à travers les différentes épaisseurs. Nous essayons alors une autre technique : dormir dans la voiture. Ça ne marche pas plus, il fait tellement chaud qu'on ne voit plus l'intérieur de la voiture avec la buée sur les vitres. Après de multiples allers-retours entre le bungalow et la voiture (le choix est difficile : voiture chaleur / bungalow moustiques, dans les 2 cas on ne dort pas) et une vingtaine de boutons de moustiques plus tard (non, je n'exagère pas, regardez les pieds d'Alex), nous décidons d'abandonner le navire (après 6h de combat quand même).
Mais notre périple n'est pas terminé pour autant. Nous nous dirigeons vers Thio, dans l'espoir de trouver un parking et de dormir quelques heures dans la voiture avant de repartir. Et là, vous vous dites : ils dormirent quelques heures et s'en allèrent faire leur tour. Pas du tout ! En chemin, nous voyons une lueur au loin. Bizarre, sous cette pluie battante... et là, on s'approche et on voit une voiture en train de brûler sur le bas côté. Récapitulons : nous avons dormi laborieusement 1h (peut-être 1h30), nous sommes comme qui dirait fatigués, nous avons été assaillis par les moustiques (non, nous ne sommes pas aigris) et maintenant nous passons devant une voiture qui brûle, et il est 4h du matin. Moi, je suis en plein stress, au bord du gouffre, je commence à psychoter. Un peu plus loin, un éboulement de rochers. OK, gardons notre calme... Bon, une seule solution : on appelle les pompiers. Puis on décide de reprendre la route en direction du Nord pour se rapprocher de la route à horaires. Nous repassons donc devant la voiture qui brûle toujours (est-ce que quelqu'un se trouve à l'intérieur...pourvu que non !) - moi, c'est toujours le stress, je ne bouge pas une fesse dans la voiture – et nous nous arrêtons quelques kilomètres plus loin, juste avant la route à horaires. La route à horaires, c'est une voie qui est tellement étroite, qu'une seule voiture peut passer à la fois. Dans un sens, on passe les heures paires, dans l'autre, on passe les heures impaires. En attendant notre heure, nous arrivons à dormir 1h (on a doublé notre capital dodo !). Il est 6h du matin, il pleut des cordes et il faut se rendre à l'évidence : le tour de l'île est compromis, tout le nord de l'île est assailli pas la pluie. Nous reprenons donc la route direction Nouméa. Nous devons repasser par Thio. Et là, que voyons-nous ? La voiture brûlée, éteinte cette fois, et le camion de pompier renversé sur le bas côté. Il a pas vu l'éboulement de roches (je lui avais pourtant dit au téléphone) et il a glissé dessus ou quoi ? Tout simplement hallucinant cette histoire. Nous passons donc notre chemin et revenons sur Thio pour petit-déjeuner. Coup de fil de Tony qui devait nous accueillir à Kouaoua (pour visiter une mine d'extraction de nickel). La mine est en chômage technique à cause de la pluie. Rien à visiter et route impraticable. Bon, visiblement, nous avions pris la bonne décision de revenir sur Nouméa. Nous rentrons donc, épuisés par tant d'événements. Et voilà notre nuit / matinée. Mouvementée, non ?

Publié dans Tour de l'île

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